A White Rose
by John Boyle O’Reilly (1844–1890)
The red rose whispers of passion,
And the white rose breathes of love;
O, the red rose is a falcon,
And the white rose is a dove.
But I send you a cream-white rosebud
With a flush on its petal tips;
For the love that is purest and sweetest
Has a kiss of desire on the lips.
Belle entrée en la matière, trouvez pas ? (Mais où s’en va-t-elle ? ‘est devenue gaga ou quoi ?) C’est vrai que vous ne me connaissez pas surtout pour mon goût pour la poésie ou pour le jardinage à l’ombre d’un chapeau de paille à bord large. M’enfin, ce doit être la campagne anglaise, la fameuse, qui me fait de l’effet ! Hier, Ragazzo et moi (Poulette n’est pas influençable ces temps-ci) sommes montés dans un mini-bus pour parcourir les Cotswolds, morceau de campagne anglaise par excellence, valonnée à souhait et tachetée de moutons beiges et bruns.
Burford, Stow-on-the-Wold, Bourton-on-the-Water, Woodstock… le mini-bus nous a mené sur les routes étroites d’arrière-pays à travers une suite de petits villages de pierre, se fondant l’un après l’autre dans un décor en camaïeu de verts à couper le souffle. Bêêêêêê.
Loin du stress et des arythmies urbaines, l’esprit gambade et se détend et on se surprend à rêver d’une maison couleur miel, comme toutes les autres en pierre du pays, au fond d’une vallée, bâton de berger et troupeau inclus. On a regardé les prix, juste au cas. Il y en avait justement une à vendre… Bon.
Mais encore, pourquoi le poème ci-dessus ? À Bourton-on-the-Water, j’ai eu l’immense plaisir de laisser mon partenaire au musée de l’automobile pour entrer moi-même chez The Cotswold Perfumery, makers of fine English Fragrances . Un pur délice loin du fouillis qu’est parfois la vie.
Tant que ça, oui! Je ne sais pas si cela est dû à la qualité de la lumière qui filtrait timidement au travers des rideaux de dentelle de la petite échoppe ou à cause du calme extraordinaire de la dame de la maison mais je me suis bientôt sentie au pays des merveilles de l’odorat. Dans ce petit endroit hors du temps, des vasques replies d’essences pures livrent chacune distinctement un puissant parfum de rose anglaise (voilà), de muguet, de jasmin… Une autre contient un mélange “aldéhique” qui m’apparaît comme une version fraîche de Chanel No. 5 et qui contrairement à la grande marque, ne me va pas si mal. Cymbelline, un autre composé chypré simplissime m’envoûte encore. Le bonheur! Je souhaite cet endroit à mes meilleures amies.
Le plus chouette dans tout ça, c’est la possibilité de suivre toute une journée les indications du “nez” de la maison, le parfumeur John Stephen, au travers des arcanes de la parfumerie pour composer soi-même sa fragrance personnelle. Je suis en train de tirer les couettes de mon amie Line, digne compagne d’expat, pour en faire une belle fin de semaine en filles.
Et pendant qu’on y est:
A Song
by Charles Alexander Richmond
O, red is the English rose,
And the lilies of France are pale,
And the poppies grow in the golden wheat,
For the men whose eyes are heavy with sleep,
Where the ground is red as the English rose,
And the lips as the lilies of France are pale,
And the ebbing pulses beat fainter and fainter and fail.
Oh, red is the English rose,
And the lilies of France are pale.
And the poppies lie in the level corn
For the men who sleep and never return.
But wherever they lie an English rose
So red, and lily of France so pale,
Will grow for a love that never and never can fail.
Saviez-vous que:
Depuis l’Antiquité, la femme, jeune de préférence, est comparée par l’homme à la fleur, le mâle poète l’enjoignant de profiter au plus coupant de ses atouts avant qu’il ne soit trop tard et qu’elle ne se … flétrisse. À partir de la Renaissance, foin du muguet et de la marguerite, c’est à la rose qu’on compare la féminité et sa beauté éphémère (pas besoin de répéter, je sais).
C’est du moins vrai de la rose rouge, qui à l’époque victorienne symbolise l’amour passion. La rose rose, elle, se fait plus discrète et représente l’amour doux, pas trop violent. La jaune, euh, c’est pour l’amour sur ses derniers kilomètres ou encore, mort dans l’oeuf, l’amour platonique quoi. Contre le jaunissement, on peut toujours essayer une décoction de roses, un philtre que, sorcières, les femmes expérimentées des temps anciens préparaient pour celle ou celui qui voulait semer l’amour fou chez l’obscur objet de son désir.
Poétique non ?


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