La première fois qu’un chauffeur de cab m’a parlé comme ça, je me suis dit que je devais avoir mal entendu. Je suis sortie de la “bombe noire” en me demandant si je n’avais pas “tippé” un peu fort, “trippé” un peu fort ou si quelque chose ne m’échappait pas qui irait mal, mettons, dans ma vie amoureuse.
La deuxième fois c’est à l’épicerie, chez Waitrose, que je l’ai entendu de la CAISSIÈRE quand elle m’a remis mon p’tit change. Eh seigneur, l’accent brit doit mal rentrer au poste, que j’me suis dit.
Finalement, quelques jours plus tard, je demande ma direction à deux charmantes copines de 80 ans en cavale sur le coin de Marylebone High et Wigmore et encore j’entends ces 3 petites lettres suaves:
- “You just take care, luv’!”
- “Thank you so much.” (Luv’, wow.)
Les anglais utilisent le mot luv’ (ou darling ou honey) à toutes les sauces et indifféremment du sexe de la personne et vice-versa. Je dois vous dire que la première fois, ça donne une petite bouffée de chaleur. Et… par la suite ? Aussi. J’adore. J’en redemanderais comme du gâteau au chocolat. C’est super sweet. Une petite tape dans le dos, un tapotement de la main, un hug tout à fait innocent et profondément humain. Mieux que le thé Red Rose de Fernand Gignac (pour ceux qui se rappelle de la toune: Ça ré-chauf-fe le coeur, de pren-dre-le-thé-à-deux…)
Je n’ai rien à dire de la supposée froideur des anglais. Beaucoup de mes amis londoniens, expatriés temporairement ou même immigrés de longue date (l’une, québécoise, est ici depuis 20 ans!) s’entendent sur une difficulté à se faire des ami(e)s chez les British. On est avenant, amène et serviable indeed, mais reste qu’on ne se mouille pas trop, on n’invite pas chez soi, on ne dépasse pas une limite certaine au rayon de l’intimité. Dur pour les latins, je suis d’accord. Très certainement.
Mais, pour moi, un peu sauvage de nature, ces petites attentions m’arrivent comme une tasse de lait chaud au miel et me font fondre, littéralement. Je vous accorde que c’est l’intimité à l’envers, avec les gens de la rue, les parfaits inconnus, l’espace d’un éclair.
Mais au travers de la fébrilité de cette ville, de son establishment éléphantesque, de l’innommable noblesse de ses pierres immuables (c’est pas rien, hein?)… these make my day !



2 réponses jusqu'à présent ↓
Pierre // 3 décembre, 2007 à 19:17 |
Ahhhhhh!…quel est le titre de cette chanson pub de Fernand Gignac sur le thé Red Rose?
Merci.
MiaWestminster // 5 décembre, 2007 à 11:42 |
Bonjour Pierre,
Je croirais que la chanson a été composée expressément pour cette publicité. J’ai fait une recherche rapide sans succès. Si tu viens qu’à trouver la réponse, communique-la-moi STP. Tout un pan de mémoire s’anime quand on s’en rappelle, non ?