Décembre 2007
Ça achève. Ce-qui-est-ne-sera-bientôt-plus. J’ai un serrement au plexus qui commence et qui, je le sais, ne me lâchera plus. Jusqu’à la prochaine maison. Quitter m’a toujours tuée.
L’espace de 16 mois, 5 saisons, j’ai appartenu à la brume, au crachin nordique, au Hyde Park et au tube. À Londres.
J’étais de mon square, de la masse d’abonnés au trajet 74, de mon boucher bio qui coupait les plus belles chops au monde, de ma cocotta des Pouilles qui me vendait en italiano, pour me faire pratiquer, ses paste, biscotti, formaggi et ses petits pots “tutti fatti a mano, per le donne del paese bellissimo de Bari’, le tout sur ma rue et hors de prix!
J’étais régulière chez Waitrose sur Marylebone High. Et du légume bio joufflu, varié et qui goûte quelque chose, à l’épicerie du coin, il y en avait. Pas vraiment plus cher que les autres légumes même que des fois, y’avait juste du ‘organic’ à vendre.
…
Je n’arrêterai plus 20 minutes en passant au V&A pour voir des robes haute-couture. Ni n’écouterai du haut de mon troisième étage les oiseaux du quartier qui chantaient si bien que j’aurais voulu les étriper (ref un blogue précédent) … Ni n’aurai plus rien à bloguer “about”.
Fini aussi Monkey and Me, mon thai de quartier quand j’avais pas le goût de faire à manger. Et la course au théâtre avec mon ticket last-minute.com…
Plus jamais pareil.
Janvier 2008
Ben oui. Suis partie. Ai quitté l’île d’Albion. Mon paradis de pluie, de lecture, de oh, de ah, et de liberté.
Je n’ai jamais pu reprendre le clavier avant aujourd’hui, 17 février 2008, parce que j’étais trop désemparée pour raconter.
Je vous avais laissés en juillet dernier (voir plus bas) alors que je venais de m’engager à l’emploi d’un grand magasin. Comme dans l’armée. Vraiment. Tous les matins une nuée de petits soldats en costume noir qui se ruait vers les guérites de sécurité, “dressed for success” et prêts à donner le meilleur d’eux-mêmes. Et ainsi de suite comme une roue sans fin. J’ai aimé ça comme jamais je ne m’y étais attendue.
Un de ces quatre, j’avais la “grattelle” j’imagine, j’ai cliqué sur “Send” avec mon CV attaché. Je n’avais pas précisément envie de me jeter sur le marché du travail anglais. L’économie tourne déjà assez fort sans ma contribution, merci bien.
Ce sont des médecins ou des étudiants en sciences médicales, qui tous travaillent depuis plus ou moins longtemps ou ont récemment travaillé dans un hôpital du 

