Bon. Petite leçon d’humilité. On n’entre pas dans l’univers de Harold Pinter comme chez Tenessee Williams, mettons. D’abord mettons les choses au clair, l’homme a reçu le prix Nobel de littérature en 2005. Donc, à priori, un nombre certain de personnes saisissent très très très bien son oeuvre.
“(..)In fact, the joy of it is just how smart and creatively produced this staging is, intricate in its detail and the minutely calibrated progression of comedy, intrigue, tension and danger that evolves across its short running time(…) It may be short and far from sweet, but this is also a brutally powerful evening.”
Well, well. Ensuite, l’inspiration de l’homme lui vient du côté de Kafka et Beckett. L’un écrit l’absurde et l’autre, aussi. The Dumb Waiter serait une variation sur le thème de l’attente de En attendant Godot de Beckett.
L’adjectif “pinteresque” existe. C’est vous dire.
De l’avis-même de Pinter, la parole n’est qu’une tentative de recouvrir la nudité du silence.
Ahem…
My Godot !!! Sonia, ma vieille, nous avons complètement manqué la “coche”!
Et si on n’était pas si “cloches” que ça ?
Ça aurait l’air qu’il ne faut pas toujours se fier aux critiques et autres fins connaisseurs auto-proclamés pour appréhender une pièce… Tout en furetant, je me retrempe dans la notion d’absurde au théâtre -j’ai déjà été capable de prendre Oh! Les beaux Jours! de pur Beckett au CEGEP. Un instant là!- et je comprends qu’en fait l’intention de l’auteur est souvent de laisser le spectateur sur une finale en suspens, confondu justement, pour l’amener à bien mesurer l’ampleur de l’absurdité du propos (la peur, l’horreur,…).
Bon. Le gars est revenu par une porte alors qu’il devait logiquement revenir par l’autre. (Quand il n’y a pas grand décor sur une scène, ça devient important. LÀ.) Mais Pinter nous demande de nous en aller chacun chez-nous, de ressasser la gamme des hypothèses possibles pour finalement saisir que d’une façon ou d’une autre…
Le copain de ma slave Sonia, grand Écossais débonnaire, s’était risqué à suggérer que nous n’avions peut-être pas saisi toutes les nuances, avec les accents East London, blabla. “Pinter, tout de même…”. Et bien “Bullocks!” mon Allan !
Y’AVAIT RIEN À COMPRENDRE À LA SCÈNE FINALE !!! C’est absurde et c’est tout. YEAH!!!
Dobru noc pani Smatláková ! (Bonne nuit madame Smatláková)
