Mia en transit

Entries categorized as ‘Media’

JOHNSTON LIBÉRÉ !

4 juillet, 2007 · 4 commentaires

Alan Johnston BBC journalistAllan Johnston journaliste a retrouvé sa voix. L’unique voix occidentale qui cherchait encore à rapporter la vérité sur la bande de Gaza. Cette terre en tumulte où plus personne ne voulait s’aventurer.

Ironiquement, c’est grâce au concours du hamas, l’actuel parti élu de la Palestine, qui aurait ramené à l’ordre l’Armée de l’Islam, telle que se nommait l’organisation qui a enlevé le journaliste, qu’il a été remis en liberté vers 3 heures ce matin.

Le hamas est ce parti non-reconnu par le Quartet et renvoyé par le gouvernement approuvé par l’Occident. Après 114 jours de tergiversations, le hamas aura choisi de se faire propre et ordonné aux yeux de tous ceux qui le renient et signifier sa dissociation formelle d’Al Qaeda et sa capacité de ramener la loi et l’ordre en Palestine. Marchera, marchera pas? La situation est tellement ancienne et complexe par toutes ses nuances de gris que seuls les Palestiniens peuvent y voir clair et prendre des décisions. Et encore.

De toute façon, le sort d’Allan Johnston est aujourd’hui celui qui m’intéresse. Ce qu’il aura à dire, sa propre expérience intime des motifs et couleurs en place en dira plus long et mieux probablement que toute autre chose qui pourra s’écrire ou se lire. J’espère qu’on le laissera dire.

Voilà aujourd’hui qui soulève l’espoir.  C’est bon !

Catégories : Humains · Media · Politique

Mary Queen of Shops

1 juin, 2007 · 7 commentaires

before-after_becky.jpg

On le sait, les make-overs sont à la mode: on démolit et on recrée; on colore et on coupe; on amincit et redécoupe; on jette à terre et on redessine… On aime ça. On redemande à voir le coup de masse dans le mur, les tonnes de poussière qui lorsqu’elles se dissipent laissent apparaître le profil rutilant d’une silhouette pétante de correctitude. Ça change le monde. Ça change la vie.

Les Anglais ne sont pas en reste ici. J’ai déjà mentionné l’obsession pour la propriété des britons, le pied bien ferme sur les échelons menant du townhouse-to-refurbish à la retraite dorée. lisa_mica_420×190.jpgDes dizaines d’émission de télé tapent sur le clou.

Côté beauté-canon, même chose. De “What not to wear” à “How to look good naked” (ben oui!), il n’y a rien que la rayure sur le long ou qu’un pigeonnant bien lifté ne peut pas faire.  T’as pas d’allure ? On va t’en fabriquer une.

gordon_doorway.jpgDe son côté, Gordon Ramsay, le Ô combien irrévérencieux et vociférant gourou de la haute-cuisine britannique version XXIe siècle, a déjà pris plaisir à aplatir comme des crêpes quantité de chefs, avec son émission-réalité make-over de restos (Ramsay’s Kitchen Nightmares).

En primeur cette semaine!

En primeur cette semaine à la télé: rien de moins que le make-over du highstreet* anglais.  Ou comment endiguer la déferlante des grandes mecques de la mode à bas prix (Primark, ASDA, …) qui en ce moment-même, fait dangeureusement giter les petites boutiques et leurs propriétaires. 

Et là, on touche à quelque chose de sérieux: La corde du local, du small is beautiful, de la mode avec un portasdm_468×472.jpgvisage, du coup de main personnalisé. Le côté humain, “organique”, du commerce collé à son milieu offrira donc résistance aux grands espaces dictateurs de tendances, anonymes et fabricants d’images à la chaîne. Tel est l’acte de foi de Mary Portas, a.k.a. Mary Queen of Shops.

Je dois avouer que j’aime l’idée. Le but est louable. Il ne s’agit plus tant de narcissisme et d’accumulation de noix dans les bajoues (Das Kapital). Il s’agit plutôt de revitalisation d’un gagne-pain et de lieux où trouver un contact humain. La Mary a beau avoir fait jaillir les larmes amères d’usage à un couple de boutiquiers déprimés de Brighton (village du sud, en bordure de la Manche), j’embarque. 

Sous des dehors de harpie détentrice de la science infuse du retail –madame dit elle-même que ce qu’elle ne connaît pas du shopping n’en vaut pas la peine– en dépit donc d’un ego gros comme un éléphant, Mary fait une belle oeuvre. Forte d’une expérience de plusieurs années comme “critique de boutiques”, métier qu’elle s’est créé de toutes pièces, conseillère très bien payée des grands (elle a remis Harvey Nichols, favori de Diana, sur la map!), elle s’est pourtant éprise du sort des plus petits. 

Marketing 101

Sa méthode est simple: connaît ton client (Know your tribes!). Mary a segmenté le marché en grappes d’acheteurs allant des fashionistas qui ne jurent que par le “as seen on the stars” jusqu’aux chercheurs d’aubaine de tout poil. Et elle se sert des 4P de Kotler et des concepts élémentaires de la différentiation. “Faites du shopping chez-vous une expérience unique”. C’en est assez du personnel trop occupé à placer son stock pour vous aider.

Son premier cas disais-je, se passe à Brighton. On apprend que le marché y est en grande partie composé d’étudiants en quête d’une allure originale, personnelle. On ne veut pas du Kate Moss, on veut du Moi. Mary déniche pour la boutique des designers anglais débutants, sans vitrine encore, et qui signent des trésors de vêtements extrêmement abordables, pleins d’originalité, uniques et exclusifs par définition. Les propriétaires de la boutique “trippent“ à fond et on voit l’excitation des premiers temps de la boutique prendre la place de la morosité et de l’anxiété face à l’avenir qui les rongeaient en début d’émission.

Trop près de l’arbre pour voir la forêt dans laquelle ils s’embourbaient, nos boutiquiers ont profité du coup de main et devraient s’en sortir. Voilà l’espoir qui revient. Ça fait du bien.

Franchement très original, Mia.  Comme pour tous les make-overs en fait.  Hmmm…  Oh well, à chacun son make-over favori je supppose…

Pour en savoir plus:

Retail Therapist, un article du Telegraph

Mary Queen of Shops, des images de l’émission de la BBC  

Shop! la chronique régulière de Mary Portas dans The Telegraph

__________________

*Highstreet: rue principale, “grand-rue”

Catégories : Angleterre · Humains · Marketing · Media

Ma foi du bon dieu

22 mai, 2007 · 7 commentaires

vatican_bbc_panorama.jpgJ’ai grandi sous Jean XXIII, pape rondouillet, cheveux blancs, crosse d’or, responsable du grand Concile, héros lumineux de mes maîtresses d’école, avec et sans voile, et du beau vicaire de ma paroisse.  J’ai fait mes mois de Marie comme une dévote obstinée, sept heures moins quart tous les matins, en route vers l’église pour la messe et l’ajout d’un collant à côté de mon nom sur la pancarte du mois de mai de ma classe.  J’ai déjà gagné.

J’ai lu et relu la vie de Ste-Odile, un livre album comme ceux de Tintin, tout en images et nuances de bleu et surtout déchirant de pauvreté, d’abnégation et d’exaltation mystique. Odile a eu les stigmates. J’ai cru que j’allais prendre le voile aussi pour tendre à la perfection de la béatitude.  Dans la lumière infinie.

Ça fait longtemps tout ça. Aujourd’hui j’ai deux filles, baptisées. Je me suis mariée une fois. Puis divorcée. Et je ne manque presque jamais la messe de minuit en grégorien que chante mon père avec sa chorale. Voilà pour la pratique.

Fallait bien qu’un jour j’en vienne à prendre froidement la mesure de la solidité de mon enracinement catholique.  Au fil du temps, j’avais évité la question, éludé le questionnement qui vient avec la question, escamoté les réponses possibles. J’avais d’autres chats à fouetter que… les prêtres lascifs et moinesses détraquées de mon Église.

santoro.jpg Ce matin, en faisant mon tour quasi quotidien des environs de la BBC-News, je m’arrête à la station Europe et m’accroche les pieds dans le dossier sur la colère du Vatican et les invectives du comité de révision du contenu des émissions de la RAI (réseau de télévision italien) contre la diffusion du reportage de la BBC, Sex Crimes and Vatican, sur Rai2 dans le cadre de l’émission AnnoZero du journaliste Michele Santoro.

Bon, les enfants de Duplessis, les scandales plus ou moins étouffés des frères Matamain… on connaît. J’ai vu et j’ai bien sûr compati avec les victimes et me suis révoltée avec elles. Ce qui est curieux, c’est que tout ça se soit passé sans que soit ébranlé, ou si peu, mon empotement dans la terreau catholique. Il y a des erreurs, me disais-je. Grossières, mais des erreurs humaines. Le célibat et le voeu de chasteté ne va pas à tout le monde et l’enfermement peut détraquer son curé.  Il y a des malades chez les prêtres comme dans le reste de la population. On ne parlait pas de “ça” à l’époque de mes parents. On n’en parlait pas beaucoup plus jusqu’à ce que Jeanette en parle. Abject, affreux, un immense désastre psychologique.

Mai bon, c’est dit, sorti de l’inconscient collectif, c’est fini maintenant.

Et bien NON, ce ne l’est pas. Et ce n’est apparemment pas à la veille de l’être. Si le coeur vous en dit, visionnez ce reportage de 39 minutes de l’émission Panorama de novembre dernier: Sex Crimes and Vatican. Vous tomberez en bas de votre chaise.

Peut-être qu’un grand pan de vos croyances s’écroulera d’un coup. Que la machine à questionnement et la vigilance qui s’ensuit se mettront comme pour moi en branle et que vous ne verrez plus jamais les choses, ou du moins le Vatican, de la même façon… Et peut-être que non. Peut-être que le Vatican en a fait des choses depuis. On ne sait pas trop. Mais les Italiens veulent le voir, chez-eux, ce document. Et c’est justement de ça qu’il est question finalement: la liberté de parole, de choix. Le droit d’être à la même page que ceux qui “savent” ou ont vu.

J’ai écouté RAI2 aujourd’hui et on parle que le temps de remettre les longs nez à leur place, on diffusera si ce n’est ce jeudi alors jeudi de la semaine prochaine. Pour le plus grand bien de la démocratie italienne, je crois.
sexabuse_panorama.jpg

Catégories : Blogging · Humains · Italie · Media · Politique