Mia en transit

Entries categorized as ‘Politique’

JOHNSTON LIBÉRÉ !

4 juillet, 2007 · 4 commentaires

Alan Johnston BBC journalistAllan Johnston journaliste a retrouvé sa voix. L’unique voix occidentale qui cherchait encore à rapporter la vérité sur la bande de Gaza. Cette terre en tumulte où plus personne ne voulait s’aventurer.

Ironiquement, c’est grâce au concours du hamas, l’actuel parti élu de la Palestine, qui aurait ramené à l’ordre l’Armée de l’Islam, telle que se nommait l’organisation qui a enlevé le journaliste, qu’il a été remis en liberté vers 3 heures ce matin.

Le hamas est ce parti non-reconnu par le Quartet et renvoyé par le gouvernement approuvé par l’Occident. Après 114 jours de tergiversations, le hamas aura choisi de se faire propre et ordonné aux yeux de tous ceux qui le renient et signifier sa dissociation formelle d’Al Qaeda et sa capacité de ramener la loi et l’ordre en Palestine. Marchera, marchera pas? La situation est tellement ancienne et complexe par toutes ses nuances de gris que seuls les Palestiniens peuvent y voir clair et prendre des décisions. Et encore.

De toute façon, le sort d’Allan Johnston est aujourd’hui celui qui m’intéresse. Ce qu’il aura à dire, sa propre expérience intime des motifs et couleurs en place en dira plus long et mieux probablement que toute autre chose qui pourra s’écrire ou se lire. J’espère qu’on le laissera dire.

Voilà aujourd’hui qui soulève l’espoir.  C’est bon !

Catégories : Humains · Media · Politique

Docteur, qu’est-ce que j’ai ?

4 juillet, 2007 · 2 commentaires

A picture of the closed motorway junction for Glasgow AirportCe sont des médecins ou des étudiants en sciences médicales, qui tous travaillent depuis plus ou moins longtemps ou ont récemment travaillé dans un hôpital du NHS (National Health Service).

Ces 8 personnes, actuellement interrogées par la police, sont toutes du corps médical. Quatre sont médecins, dont un neuro-chirurgien, celui-là même qui s’immolait au gaz après avoir engouffré une Jeep Cherokee dans la vitrine de l’aéroport international de Glasgow.  Il travaillait au Royal Alexandra Hospital, l’hôpital de Paisley, près de Glasgow, où on le soigne d’ailleurs présentement.

Qui sont-ils ?

Ils ont entre 25 et 28 ans, viennent d’Iraq, de Jordanie, de l’Inde. Des jeunes docteurs auxquels on donne une chance de se faire une expérience en Angleterre. À date, ma petite expérience du système de santé britannique m’a permis de rencontrer des médecins, infirmières, réceptionnistes, assistants, etc. de toutes les couleurs et de tous les accents. C’est comme ça Londres, c’est un bouquet, c’est cosmopolite.

Et ils avaient obtenu tous les permis de travail nécessaires. Là n’est pas la question. Il n’y avait pas lieu de ne pas les admettre à la pratique: aucun antécédent, quelques-uns extrêmement “brillants” dit-on même, des gens que leurs voisins appréciaient, des modèles de rectitude sociale. “Tiens il y a un nouveau médecin à la clinique externe.” Pas plus que ça.

Et pourtant, pour peu que la preuve en soit faite, tous sont des extrémistes de l’Islam, en mal de donner une leçon à l’Occident. 

Selon l’un de ses amis proches qui donnait une entrevue ce soir à BBC2, ce n’est pas tant les ravages de la guerre en Irak, son pays, qui ont radicalisé Bilal Abdullah, l’autre passager de la Cherokee de Glasgow, aussi médecin, spécialiste du diabète au Royal Alexandra Hospital.  Ce serait plutôt un fanatisme religieux tel qu’il comprend de punir l’impiété des musulmans tièdes et bien sûr, celle de tous les autres non-praticants de l’Islam. Dr Abdullah ne fréquentait que des musulmans pratiquant la prière 5 fois par jour et qui fréquentaient la mosquée. Il ne mangeait pas dans un restautant hallal en particulier parce qu’il savait que le propriétaire ne pratiquait pas fort. Cet ami, lui-même musulman, ajoute que beaucoup de musulmans parlent de djihad, mais il ajoute qu’entre la parole et l’acte… Bilal Abdullah lui, ne parlait pas pour parler. Il a choisi d’agir.

Docteur ?

Ce sont tous des médecins ou des étudiants en sciences médicales qui ont eu accès à des moyens autrement moins bénins, faut s’entendre, que de faire exploser une voiture avec les moyens du bord. On pense aux produits biologiques, bactéries, virus dangereux ou plus simplement aux appareils de survie des soins intensifs. Puisqu’il s’agit de punir des innocents…

J’étais de ceux qui s’indignaient des difficultés faites aux diplômés étrangers par l’impérialiste Collège des Médecins. Aujourd’hui, je ne sais plus.

Catégories : Angleterre · Humains · Politique

Ma foi du bon dieu

22 mai, 2007 · 7 commentaires

vatican_bbc_panorama.jpgJ’ai grandi sous Jean XXIII, pape rondouillet, cheveux blancs, crosse d’or, responsable du grand Concile, héros lumineux de mes maîtresses d’école, avec et sans voile, et du beau vicaire de ma paroisse.  J’ai fait mes mois de Marie comme une dévote obstinée, sept heures moins quart tous les matins, en route vers l’église pour la messe et l’ajout d’un collant à côté de mon nom sur la pancarte du mois de mai de ma classe.  J’ai déjà gagné.

J’ai lu et relu la vie de Ste-Odile, un livre album comme ceux de Tintin, tout en images et nuances de bleu et surtout déchirant de pauvreté, d’abnégation et d’exaltation mystique. Odile a eu les stigmates. J’ai cru que j’allais prendre le voile aussi pour tendre à la perfection de la béatitude.  Dans la lumière infinie.

Ça fait longtemps tout ça. Aujourd’hui j’ai deux filles, baptisées. Je me suis mariée une fois. Puis divorcée. Et je ne manque presque jamais la messe de minuit en grégorien que chante mon père avec sa chorale. Voilà pour la pratique.

Fallait bien qu’un jour j’en vienne à prendre froidement la mesure de la solidité de mon enracinement catholique.  Au fil du temps, j’avais évité la question, éludé le questionnement qui vient avec la question, escamoté les réponses possibles. J’avais d’autres chats à fouetter que… les prêtres lascifs et moinesses détraquées de mon Église.

santoro.jpg Ce matin, en faisant mon tour quasi quotidien des environs de la BBC-News, je m’arrête à la station Europe et m’accroche les pieds dans le dossier sur la colère du Vatican et les invectives du comité de révision du contenu des émissions de la RAI (réseau de télévision italien) contre la diffusion du reportage de la BBC, Sex Crimes and Vatican, sur Rai2 dans le cadre de l’émission AnnoZero du journaliste Michele Santoro.

Bon, les enfants de Duplessis, les scandales plus ou moins étouffés des frères Matamain… on connaît. J’ai vu et j’ai bien sûr compati avec les victimes et me suis révoltée avec elles. Ce qui est curieux, c’est que tout ça se soit passé sans que soit ébranlé, ou si peu, mon empotement dans la terreau catholique. Il y a des erreurs, me disais-je. Grossières, mais des erreurs humaines. Le célibat et le voeu de chasteté ne va pas à tout le monde et l’enfermement peut détraquer son curé.  Il y a des malades chez les prêtres comme dans le reste de la population. On ne parlait pas de “ça” à l’époque de mes parents. On n’en parlait pas beaucoup plus jusqu’à ce que Jeanette en parle. Abject, affreux, un immense désastre psychologique.

Mai bon, c’est dit, sorti de l’inconscient collectif, c’est fini maintenant.

Et bien NON, ce ne l’est pas. Et ce n’est apparemment pas à la veille de l’être. Si le coeur vous en dit, visionnez ce reportage de 39 minutes de l’émission Panorama de novembre dernier: Sex Crimes and Vatican. Vous tomberez en bas de votre chaise.

Peut-être qu’un grand pan de vos croyances s’écroulera d’un coup. Que la machine à questionnement et la vigilance qui s’ensuit se mettront comme pour moi en branle et que vous ne verrez plus jamais les choses, ou du moins le Vatican, de la même façon… Et peut-être que non. Peut-être que le Vatican en a fait des choses depuis. On ne sait pas trop. Mais les Italiens veulent le voir, chez-eux, ce document. Et c’est justement de ça qu’il est question finalement: la liberté de parole, de choix. Le droit d’être à la même page que ceux qui “savent” ou ont vu.

J’ai écouté RAI2 aujourd’hui et on parle que le temps de remettre les longs nez à leur place, on diffusera si ce n’est ce jeudi alors jeudi de la semaine prochaine. Pour le plus grand bien de la démocratie italienne, je crois.
sexabuse_panorama.jpg

Catégories : Blogging · Humains · Italie · Media · Politique