Du temps d’Astérix, vers 43 A.C. Londres était occupé par les Romains, s’appelait Londinivm et faisait partie de la province romaine Britannia. C’est vieux.
Mes photos préférées pour vous chers descendants gaulois et un peu de Prague aussi:
Du temps d’Astérix, vers 43 A.C. Londres était occupé par les Romains, s’appelait Londinivm et faisait partie de la province romaine Britannia. C’est vieux.
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À un moment de notre voyage, il m’a semblé que je devais « entendre » Prague pour en percevoir l’âme. Où était le soul slave, celui qui m’avait transporté tellement de fois chez Milan Kundera, auteur dissident tchèque dont j’ai tout lu dans la vingtaine ?
La ville aux cents clochers semble aujourd’hui figée dans le temps. Miraculée de nombreuses guerres, révolutions, rebellions et escarmouches de toute sorte, elle porte son âge certes, mais n’a presque rien perdu de ses atours de jeunesse. Chaque pierre ou presque qui y fut posée y est encore et conserve la trace des générations qui les ont foulées, la marque des siècles de son histoire tumultueuse.
Prague musicienne, grande métropole du royaume de Bohème et qui connaîtra un rayonnement culturel spectaculaire au cours du XIVe siècle sous Charles IV. Puis encore vers la fin du XVIe siècle, alors que la Renaissance a fini de transformer l’Italie, puis la France et l’Allemagne et qu’elle atteint enfin Prague. Une foule d’intellectuels, artisans et artistes accourent dans la capitale tchèque de par toute l’Europe. Prague redevient un des grands pôles culturels de l’Europe du moment, surpassée à peine par Paris ou Vienne.
J’ai voulu savoir et j’ai découvert Smetana et son poème symphonique “Má Vlast” (Ma patrie). En entendant la section Die Moldau* (La Vltava) en particulier, j’ai vraiment cru voir Prague s’animer: les belles de l’époque se font voir avec leurs ombrelles et bottes à boutons sur le Karlův most (Pont Charles IV), leur pas léger fait à peine claquer les pierres rondes du pavé… et avec une hâte contenue, elles font mine de ne pas voir ces messieurs à chapeaux haut-de-forme qui bientôt s’avancent et les saluent… Si vous en avez la chance, précipitez-vous sur cette oeuvre-tableau du passé. Vous aussi peut-être verrez-vous Prague !Si les bios vous intéressent: Voir aussi Un peu plus sur Smetana
L’amour et l’argent
Ce n’est peut-être pas un hasard si Miloš Forman, le grand cinéaste tchèque a eu envie de tourner Amadeus, hommage biographique à Wolfgang Amadeus Mozart.
Mozart a eu une relation bien particulière avec Prague. D’abord il s’y est perdu d’amour pour Josepha Duschek une chanteuse d’opéra dont la voix lui faisait justement perdre la tête et qu’il ne pouvait malheureusement convoiter mariée qu’elle était à son ami mécène, celui-là même qui l’avait présenté à la cour de Prague. Il n’allait tout de même pas se tirer dans le pied !
(Au fait, Mozart, il était pas déjà marié lui aussi, et père de trois enfants avec Constanze ?)
Mozart aurait en son temps affirmé que nul mieux que le peuple tchèque ne saisissait son œuvre. Commandé par Léopold II, roi de Bohème de l’époque, le célèbre opéra Don Giovanni fit sa grande première le 20 octobre 1787 à Prague, au superbe Stavovské divadlo (The Estate Theater). Don Giovanni fut livré et dirigé au piano par nul autre que Wolfie en personne. The Estate Theatrer est une beauté architecturale, de style néo-classique. (Regardez-le, on en mangerait: un vrai gâteau de noces à la vanille et aux pistaches ! )
Montant la garde à l’entrée du théâtre: une statue du Commendatore outre-tombe, personnage du fameux opéra bafoué et tué par le grand séducteur et qui «Ô Vengeance ! » reviendra de l’au-delà prendre le Don au collet et l’entraîner avec lui dans la mort. À un moment, le film Amadeus montre un Mozart bouleversé par la mort de son père et qui, inspiré par la culpabilité et la peur, écrit fièvreusement le thème du Commendatore revenu hanter Don Giovanni. Vous vous souvenez peut-être ? On entend alors ce thème magnifique, à faire peur aux enfants. « Chilling !!», comme disent mes voisins.
Eh ! Que les choses se règlent donc bien dans les opéras, non ?
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Pendant une bonne partie de sa vie, Smetana a reflété la domination de son pays: ses personnages étaient soit autrichiens ou allemands et il ne savait utiliser que la langue du conquérant. Die Moldau , sa grande oeuvre nationaliste porte un titre allemand qui signifie La Vltava, cette rivière qui traverse Prague.
Portant né en Bohème (1824), notre homme ne savait tout simplement pas écrire le tchèque à l’époque de l’écriture de Má Vlast ! De rebellions réprimées en défaites, les tchèques auront l’allemand pour langue officielle et ce, jusqu’à la fin du 19e siècle. On parlait la langue maternelle tchèque mais elle n’était pas enseignée à l’école. Bedřich Smetana est aujourd’hui considéré comme le père de l’opéra tchèque et le compositeur-phare de la musique nationale tchèque, prédecesseur essentiel des Anton Dvořák, Leoš Janáček et Jaroslav Ježek.
Alors qu’il cherchait désespérément à faire connaître sa musique pour arriver à en vivre, un bon samaritain lui aurait dit que si sa “race” avait réussi jusqu’à maintenant à produire quelques bons violonistes, on n’avait encore jamais vu de grand compositeur. Essayez donc de percer vous-autres dans ces conditions !
Smetana deviendra graduellement nationaliste dans la foulée de l’ascension du sentiment patriotique tchèque à l’approche du XXe siècle. Et il s’attachera alors, comme beaucoup de ses contemporains, à maîtriser l’écriture de sa langue maternelle, puis à exprimer sa terre natale.Dans des conditions politiques et économiques pas très reluisantes, Prague n’a pas non plus fait de cadeau à son compositeur. N’eût été de l’aide et des encouragements de Liszt, qui s’arrangea pour faire éditer ses œuvres, Smetana et son Die Moldau n’auraient peut-être jamais passé les bornes de Leitomischl, minuscule village natal du compositeur. Et ce fût été bien triste.
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