Mia en transit

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Londres toujours menacée

30 juin, 2007 · 2 commentaires

Location map for TigerTiger London

C’est dans un pays encore une fois sur le qui-vive que je remets les pieds aujourd’hui. L’ouest de la ville et son nightlife “impie” seraient cette fois le symbole ciblé par des factions internationales, possiblement extrémistes musulmanes, encore non-formellement identifiées.

Hier soir, le club Tiger Tiger  un super club sur 3 étages contenant 5 bars et un restaurant, situé sur Haymarket, tout près de Piccadilly Circus, quartier des théâtres et boîtes de nuits, aurait pu y passer.  Devant le bar pouvant contenir plus de 1 000 personnes, on avait stationné une Mercedes porteuse d’une bombe artisanale, faite de cylindres de gaz, de pétrole et de clous. Une fumée suspecte qui en sortait aura alerté quelques témoins qui ont eux-mêmes alerté la police. Un des premiers policiers arrivés sur les lieux aurait eu la présence d’esprit de désactiver un téléphone cellulaire laissé sur le siège de l’auto, le détonateur fort probablement.

Un autre voiture bourrée d’explosifs, une Mercedes elle aussi, s’est retrouvée sur Park Lane, près du secteur Marble Arch-Hyde Park, pas très loin de notre appartement. Elle était destinée à souffler un établissement du West End, près de Trafalgar Square mais avait été remorquée plus tôt par la ville parce qu’en défaut de stationnement.

Jacqui Smith, secrétaire d’état nommée par le nouveau PM Gordon Brown, en poste à peine depuis 24 heures, déclare aujourd’hui que la Grande-Bretagne demeure une cible sérieuse et que la vigilance de tous est requise.

Apparemment que des kilomètres de pellicules des caméras en circuit fermé présentes partout autour des lieux publics sont présentement examinées pour identifier les coupables.

Beaucoup de suspects ont pourtant été arrêtés récemment, reliés aux attentats avortés devant entre autres cibler le super centre d’achat Bluewater.

Tu en élimines dix… trois mois plus tard, il y en a autant qui “repoussent”.

Je ne trouve rien d’autre à dire que d’ânonner ce que je lis et j’entends.  Life must go on… dit Scotland Yard. Vraiment ? Pas comme avant en tout cas. Pas tout de suite.

Rien à dire d’autre qu’à ma fille et à Soccerboy de faire attention. Dans l’impuissance totale.

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A killer indeed (suite)

28 février, 2007 · 2 commentaires

Bon. Petite leçon d’humilité. On n’entre pas dans l’univers de Harold Pinter comme chez Tenessee Williams, mettons. D’abord mettons les choses au clair, l’homme a reçu le prix Nobel de littérature en 2005. Donc, à priori, un nombre certain de personnes saisissent très très très bien son oeuvre.

(..)In fact, the joy of it is just how smart and creatively produced this staging is, intricate in its detail and the minutely calibrated progression of comedy, intrigue, tension and danger that evolves across its short running time(…) It may be short and far from sweet, but this is also a brutally powerful evening.”

Well, well. Ensuite, l’inspiration de l’homme lui vient du côté de Kafka et Beckett. L’un écrit l’absurde et l’autre, aussi. The Dumb Waiter serait une variation sur le thème de l’attente de En attendant Godot de Beckett.

L’adjectif “pinteresque” existe. C’est vous dire.

De l’avis-même de Pinter, la parole n’est qu’une tentative de recouvrir la nudité du silence.

Ahem…

My Godot !!! Sonia, ma vieille, nous avons complètement manqué la “coche”!

Et si on n’était pas si “cloches” que ça ?

Ça aurait l’air qu’il ne faut pas toujours se fier aux critiques et autres fins connaisseurs auto-proclamés pour appréhender une pièce… Tout en furetant, je me retrempe dans la notion d’absurde au théâtre -j’ai déjà été capable de prendre Oh! Les beaux Jours! de pur Beckett au CEGEP. Un instant là!- et je comprends qu’en fait l’intention de l’auteur est souvent de laisser le spectateur sur une finale en suspens, confondu justement, pour l’amener à bien mesurer l’ampleur de l’absurdité du propos (la peur, l’horreur,…).

Bon. Le gars est revenu par une porte alors qu’il devait logiquement revenir par l’autre. (Quand il n’y a pas grand décor sur une scène, ça devient important. LÀ.) Mais Pinter nous demande de nous en aller chacun chez-nous, de ressasser la gamme des hypothèses possibles pour finalement saisir que d’une façon ou d’une autre…

Le copain de ma slave Sonia, grand Écossais débonnaire, s’était risqué à suggérer que nous n’avions peut-être pas saisi toutes les nuances, avec les accents East London, blabla. “Pinter, tout de même…”. Et bien “Bullocks!” mon Allan !

Y’AVAIT RIEN À COMPRENDRE À LA SCÈNE FINALE !!! C’est absurde et c’est tout. YEAH!!!

Dobru noc pani Smatláková ! (Bonne nuit madame Smatláková)



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Petit jeudi d’automne

1 février, 2007 · Laisser un commentaire

9h33: Il fait 12°C. Il n’y aura pas d’hiver finalement. Sur le calendrier, c’est février. Ils se trompent. La vieille grand-mère anglaise est embourbée dans les nuages et avec le facteur Moralex, c’est encore novembre.­

Vous ne me croyez pas ? N’avez qu’à regarder vous-même.

Tout à l’heure je vais traverser Hyde Park pour aller à mon cours d‘italiano. L’humidité est telle – hé, 94% lala- que j’aurai l’impression d’avancer avec une débarbouillette dans la face.

Sachez aussi qu’à cette latitude, les journées sont “a tad” moins longues. Soleil se lève vers 7h30 et se couche de bonne heure, vers 16h45-17h00.

Va être en forme en mosus au printemps.


La classe d’italiano mi ha fatto molto bene ! Sono più rilassata e mi sento più… giovane. Si si. Una bella e giovane piccola senora quebecese, a Londra. Cin Cin ! Centi anni a tutti !Ma che ?


Aujourd’hui, j’ai vu une pièce sur l’amour au théâtre New Abassadors. Love Song était joué par des acteurs américains: Neve Campbell (I Know What You Did Last Summer) , une Kristen Johnston (Third Rock From The Sun) en forme mais très amaigrie (elle a dû être remplacée en urgence début décembre pour ulcère instestinal) , Cillian Murphy et Michael McKean, connus pour différents rôles à la télé surtout. Drôle d’effet que d’entendre l’accent american sur une scène ici. La dame d’à côté et son époux avaient le leur d’accent, à couper au couteau. Accent british s’entend.

Morale de la pièce: Vaut mieux croire en quelque chose qui nous fait du bien, même s’il s’agit du pur fruit de son imagination, que de vivoter ou pire, ne pas vivre du tout.

Beane (Cilian Murphy) est psychotique depuis toujours. Sa soeur Joan (Johnston) le couve, veille à ce qu’il mange, l’excuse, espère, etc. Lui vit dans le noir, recroquevillé. Il préfére les lumières de son appartement fermées de sorte que lui échappe la désolation de son cagibi, l’exiguité de son existence peut-êre aussi. Jusqu’au jour où Beane “rencontre” Molly, une cambrioleuse qu’il prend sur le fait dans son appartement. Découverte, la voleuse crâne, se moque du dénuement de l’appart. Beane vit “petit”, il n’y a à voler qu’une tasse, une cuillère, un chapeau déformé… Molly et Beane parlent, parlent pourtant, comme s’ils s’ennivraient soudain du son de paroles longtemps retenues. Puis, la passion embrase les deux paumés et Beane se métamorphose, littéralement soufflé par l’amour. Il prend vie et couleur, mange, boit… “Quand j’entre dans une pièce maintenant, nous sommes plus nombreux, j’ai du volume, j’occupe de l’espace…, s’exclame-t-il à sa soeur et son mari.”

Joan et Harry (McKean) se réjouissent et trinquent avec lui. Pour se rendre compte que Molly est un fait de l’esprit de Beane. Molly n’existe pas. Beane le sait bien: Molly ne se matérialisera pas devant Joan. Il retombe en léthargie. Mais Joan que cette épisode heureux a bouleversée choisit la porte de l’espoir et de croire en Molly. “Qu’est-ce que ça peut bien faire qu’elle existe ou pas ? Elle t’aime non ?”

Et le miracle tant attendu s’opère. Molly/Beane choisissent de détacher et avant de partir, Molly donne à Beane ces dernières paroles: “Sors Beane, marche, regarde la ville, rencontre des gens, prend un café. Vis!”

Touchant comme finale. Tout à fait dans le ton de ce petit jeudi d’automne.



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